Les 5 nouveaux actes de l’aide soignant en pratique

5 actes délégués structurent désormais une part identifiée du champ d’intervention de l’aide-soignant, selon l’arrêté royal belge du 27 février 2019, tandis que la France a parallèlement élargi le périmètre des compétences via le décret n° 2021-980 du 23 juillet 2021 et des actualisations mentionnées pour 2025. La question se pose donc dans un environnement réglementaire dual, où la même expression recouvre soit une liste fermée de cinq actes, soit un élargissement plus large des soins courants et techniques.

Les données disponibles reposent principalement sur l’arrêté royal belge, sur le décret n° 2021-980, sur les référentiels de formation du DEAS 2021, ainsi que sur plusieurs catalogues d’organismes de formation publiés entre 2025 et 2026. Le panorama ci-dessous isole d’abord les cinq actes explicitement visés, puis précise leurs conditions d’exercice, leur supervision infirmière et les modalités de formation complémentaire ou d’actualisation.

Acte Contenu Cadre de réalisation Formation
Mesure des paramètres Recueil de constantes et données de surveillance Sous contrôle infirmier, selon compétences acquises Formation complémentaire requise en Belgique
Administration de médicaments Médicaments préparés par infirmier ou pharmacien Exclusion des stupéfiants Encadrement réglementaire et traçabilité
Alimentation et hydratation orales Aide à l’ingestion et surveillance associée Dans une équipe et sous contrôle infirmier Intégrée à certains parcours depuis 2020 et 2024
Enlèvement manuel des fécalomes Acte ciblé relevant d’un cadre strict Contrôle infirmier et formation préalable Modules spécifiques selon établissements
Pose et enlèvement des bandages ou bas Dispositifs destinés aux affections veineuses Application limitée au cadre défini Validation pratique nécessaire

🔍 À RETENIR

✅ LES 5 ACTES DÉLÉGUÉS


  • Base réglementaire : la liste fermée des cinq actes provient de l’arrêté royal belge du 27 février 2019, applicable dans un cadre d’équipe et sous contrôle infirmier

  • Médicaments : l’aide-soignant administre uniquement des préparations réalisées par un infirmier ou un pharmacien, avec exclusion expresse des matières stupéfiantes

  • Formation préalable : l’exercice de ces actes suppose la réussite d’une formation complémentaire de 150 heures dans les dispositifs belges identifiés

  • Distinction France Belgique : en France, les textes de 2021 à 2025 élargissent davantage les compétences, sans se limiter à cette seule liste de cinq actes

🌐 RESSOURCES ET REPÈRES UTILES

📘 ARRÊTÉ ROYAL 2019

Ce texte identifie précisément les cinq actes délégués et fixe leur réalisation sous contrôle infirmier, ce qui en fait la référence principale pour le périmètre belge

🧾 DÉCRET FRANÇAIS 2021

Le décret n° 2021-980 introduit la notion de soins courants de la vie quotidienne liés à un état stabilisé, avec possibilité de réalisation le cas échéant hors présence immédiate de l’infirmier

🏫 FORMATIONS 2025 2026

Les catalogues d’IFAS et d’organismes spécialisés documentent des formats courts de 2 jours, ou 21 heures hybrides, pour l’actualisation des aides-soignants diplômés avant 2021 ou 2022 selon les structures

⚠️ POINT DE VIGILANCE RÉGLEMENTAIRE

L’expression 5 nouveaux actes ne recouvre pas exactement la même réalité selon les pays. En Belgique, elle renvoie à une liste limitative. En France, les textes de 2021 à 2025 décrivent un élargissement plus large du champ de compétences et des soins courants.

Quels sont les 5 nouveaux actes aide-soignant

Les 5 nouveaux actes explicitement identifiés correspondent, dans la réglementation belge, à la mesure des paramètres, à l’administration de médicaments préparés par un infirmier ou un pharmacien, à l’alimentation et à l’hydratation par voie orale, à l’enlèvement manuel des fécalomes, ainsi qu’à la pose et à l’enlèvement de bandages ou bas destinés aux affections veineuses. L’arrêté royal du 27 février 2019 encadre cette extension et maintient un exercice sous contrôle infirmier au sein d’une équipe structurée.

En France, la même formulation crée une ambiguïté, car les textes cités depuis 2021 et les actualisations de 2025 ne se limitent pas à cinq actes. Le référentiel DEAS 2021 et plusieurs supports de formation mentionnent au contraire un périmètre plus étendu, qui inclut, selon les cas, la glycémie capillaire, la surveillance de la saturation en oxygène, la colostomie cicatrisée ou certaines interventions respiratoires.

Les données de contexte montrent que cette clarification concerne un volume professionnel important, puisque la DREES dénombrait environ 400 000 aides-soignants en exercice en France en 2022. Il ressort ainsi que l’expression doit toujours être rattachée au texte applicable, faute de quoi l’identification des actes réellement autorisés devient imprécise.

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Mesure des paramètres : ce que recouvre ce premier acte

La mesure des paramètres constitue le premier des 5 nouveaux actes et couvre un ensemble de données cliniques utiles à l’appréciation de l’état de santé. Les contenus pédagogiques recensés en France citent notamment la pression artérielle, le pouls, la température, la fréquence respiratoire, la saturation en oxygène, la diurèse, l’état de conscience, le réflexe pupillaire et la glycémie capillaire, ce qui montre une extension pratique du champ de surveillance au-delà d’une simple prise de constantes standard.

Les 5 nouveaux actes de l’aide soignant en pratique

Quels paramètres l’aide-soignant peut-il mesurer ?

Les référentiels et programmes de formation citent, selon les structures, des mesures de saturation, de glycémie, de poids par calcul d’IMC via outil paramétré, de mensurations et, dans certains contextes, du périmètre crânien. D’autres recueils instantanés apparaissent également, comme la lecture transdermique de glycémie ou le recueil du taux de bilirubine par lecture transcutanée, ce qui confirme que la compétence s’inscrit dans une logique de surveillance ciblée et de traçabilité.

Le point central ne réside pas dans la seule exécution technique, mais dans la capacité à relever, analyser et alerter en cas d’écart aux normes. Les objectifs pédagogiques publiés à Nantes précisent que l’aide-soignant doit tracer la donnée avec exactitude, apprécier sa cohérence clinique et réajuster son intervention en collaboration avec l’infirmier lorsque la situation l’exige.

Administration des médicaments : ce qui est autorisé et ce qui ne l’est pas

L’administration des médicaments fait partie des 5 nouveaux actes dans le cadre belge, mais l’autorisation reste strictement circonscrite. L’aide-soignant peut administrer uniquement des médicaments préparés par un infirmier ou par un pharmacien, tandis que les matières stupéfiantes demeurent explicitement exclues. Cette restriction figure parmi les éléments les plus stables du dispositif, car elle associe délégation ciblée, sécurisation du circuit du médicament et maintien d’une responsabilité infirmière structurante.

En France, la situation apparaît plus fragmentée, car les textes et formations évoquent davantage des soins courants ou des actes associés qu’une autorisation générale de distribution médicamenteuse. Des programmes recensent par exemple l’application de suppositoires dans le cadre de l’aide à l’élimination, le lavage oculaire et l’instillation de collyre, ou encore l’application de crème et de pommade, ce qui signale un élargissement pragmatique mais non assimilable à une autonomie complète sur l’ensemble des médicaments.

La limite opérationnelle reste donc double. D’une part, le périmètre dépend du texte national et de l’organisation institutionnelle. D’autre part, la délégation suppose une formation adaptée, une préparation préalable quand le médicament est concerné, ainsi qu’une traçabilité conforme. Les critiques syndicales, notamment celles de la CFTC, rappellent que certains actes relevaient auparavant du glissement de tâche, ce qui justifie aujourd’hui une formalisation plus rigoureuse.

L’aide-soignant peut-il administrer tous les médicaments ?

La réponse est négative. Dans le cadre des 5 nouveaux actes belges, l’aide-soignant n’administre pas tous les médicaments, puisque les stupéfiants sont exclus et que la préparation relève d’un infirmier ou d’un pharmacien. Dans le cadre français, les autorisations se lisent à travers des actes ciblés ou des soins courants définis par les textes, et non à travers une habilitation générale au circuit médicamenteux.

Alimentation et hydratation par voie orale : dans quelles situations intervenir

L’alimentation et l’hydratation par voie orale figurent dans la liste des 5 nouveaux actes lorsque l’organisation des soins permet une délégation sécurisée sous contrôle infirmier. Cet acte dépasse l’assistance matérielle au repas, car il implique aussi l’observation de la tolérance, de la déglutition, de l’acceptation de l’apport et des éventuels signes d’alerte. Il s’inscrit donc dans une logique de continuité des soins, particulièrement pertinente en gériatrie, en soins chroniques et dans les structures médico-sociales.

Le décret français de 2021 fournit un point d’appui utile, puisqu’il définit les soins courants de la vie quotidienne comme des soins liés à un état de santé stabilisé ou à une pathologie chronique stabilisée, pouvant être réalisés par la personne elle-même si elle était autonome, ou par un aidant. Dans ce cadre, l’intervention de l’aide-soignant reste liée à la stabilité clinique et à l’évaluation préalable de la situation.

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Cette articulation présente un avantage organisationnel, car elle renforce la présence soignante sur des actes répétés à forte valeur de surveillance. Elle présente aussi une limite, puisque toute difficulté de déglutition, toute modification de l’état de conscience ou toute aggravation clinique impose une réévaluation infirmière. La délégation n’efface donc ni les critères de sécurité, ni la nécessité d’un signalement rapide.

Enlèvement manuel des fécalomes : dans quel cadre cet acte est-il permis

L’enlèvement manuel des fécalomes constitue l’un des 5 nouveaux actes les plus sensibles sur le plan clinique et organisationnel. Son inscription dans la liste belge ne signifie pas une banalisation de l’acte, mais une reconnaissance réglementaire sous conditions strictes, avec contrôle infirmier et formation préalable. Cette intervention suppose en pratique une évaluation précise de l’indication, de la tolérance de la personne et du risque de complication, ce qui explique son encadrement resserré.

Les sources disponibles ne détaillent pas un protocole unique national pour chaque structure, mais elles convergent sur deux exigences. La première porte sur la qualification préalable de l’aide-soignant, via la formation de 150 h en Belgique ou via des actualisations ciblées dans certains dispositifs français. La seconde concerne l’intégration de l’acte dans une organisation d’équipe où l’infirmier conserve la fonction de contrôle et de coordination.

Ce cadre vise à réduire un risque déjà documenté dans les débats professionnels, celui d’un glissement de tâche non formalisé. La sécurisation réglementaire apporte donc un bénéfice de lisibilité, mais elle ne supprime pas la nécessité d’une sélection stricte des situations cliniques et d’une traçabilité complète de l’intervention, notamment dans les établissements accueillant des patients polymorbides ou très dépendants.

Pose et enlèvement des bandages ou bas de contention : que peut faire l’aide-soignant

La pose et l’enlèvement des bandages ou bas de contention visent les dispositifs destinés à prévenir ou traiter les affections veineuses. Dans le périmètre des 5 nouveaux actes, l’aide-soignant peut intervenir sur ces éléments lorsqu’ils relèvent du cadre délégué défini, avec contrôle infirmier. La portée de cet acte reste donc finalisée par l’indication veineuse et ne s’étend pas indistinctement à tous les dispositifs de bandage ou de compression utilisés en pratique clinique.

Sur le plan opérationnel, la réalisation correcte suppose une connaissance des indications, des contre-indications, de la tolérance cutanée et des signes d’alerte périphériques. Les contenus de formation français recensés en 2025 et 2026 montrent que l’actualisation des compétences s’oriente de plus en plus vers la technique, l’évaluation du soin réalisé et la capacité à identifier les éléments à réajuster, ce qui rejoint les objectifs de sécurisation du champ d’exercice.

Cette compétence présente un intérêt organisationnel évident dans les services à forte prévalence de pathologies chroniques et de dépendance. Elle reste toutefois subordonnée à un cadre précis de délégation, car une mauvaise indication, une pose inadéquate ou une surveillance insuffisante peuvent compromettre l’efficacité thérapeutique ou retarder l’identification d’une complication locale.

Les 5 nouveaux actes de l’aide soignant en pratique

Quelles sont les conditions de supervision par l’infirmier ?

Les textes recensés maintiennent une constante, la supervision infirmière. En Belgique, les 5 nouveaux actes s’exercent sous le contrôle de l’infirmier au sein d’une équipe. En France, le décret n° 2021-980 prévoit que l’infirmier peut confier certains soins à l’aide-soignant dans le cadre de son rôle propre, le cas échéant en dehors de sa présence, dès lors que ces soins relèvent d’un état stabilisé et restent dans la limite des compétences professionnelles.

Cette supervision ne se réduit pas à une proximité physique. Elle comprend l’évaluation préalable de la situation, la détermination du soin pouvant être confié, la transmission des consignes, l’organisation de la traçabilité et la réévaluation en cas d’évolution clinique. La délégation opère donc à l’intérieur d’un dispositif de responsabilité graduée, ce qui distingue un acte confié d’un transfert complet de compétence.

L’aide-soignant peut-il agir sans la présence de l’infirmier ?

La présence immédiate de l’infirmier n’est pas systématiquement requise en France, puisque le décret de 2021 mentionne explicitement la possibilité de réaliser certains soins en dehors de sa présence. Cette faculté reste néanmoins conditionnée à la stabilité de l’état de santé, au respect des compétences, à l’existence de consignes claires et au maintien d’une coordination effective. Dans le cadre belge, la référence au contrôle infirmier demeure structurante pour les cinq actes délégués.

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Faut-il une formation obligatoire pour pratiquer ces actes ?

La formation obligatoire constitue un critère central pour l’exercice des 5 nouveaux actes en Belgique. Les aides-soignants doivent avoir réussi une formation complémentaire de 150 h, proposée dans l’Enseignement pour Adultes depuis septembre 2019, puis intégrée à la formation complète à partir de septembre 2020. À partir de septembre 2024, l’enseignement secondaire dispense aussi ces cinq actes aux étudiants entrant en 4ème secondaire dans la formation, tandis que les parcours antérieurs sont réorientés vers l’Enseignement pour Adultes.

La structuration varie selon les communautés et les établissements. En Communauté germanophone, l’enseignement supérieur prévoit 4 modules de 32 h et 30 h de stage, tandis que le KPVD organise 120 h de cours théorique et 30 h de stage. Le projet PentaPlus, destiné aux aides-soignants de la CP330, permet par ailleurs un appui financier avec remboursement des frais d’inscription, possibilité de formation sur site et embauche compensatoire pour la partie théorique.

En France, l’actualisation n’apparaît pas toujours comme une obligation uniforme pour les diplômés antérieurs au référentiel 2021. Plusieurs supports indiquent qu’elle concerne les titulaires du DEAS diplômés avant août 2021 ou avant 2022 selon les organismes, sans caractère systématiquement obligatoire. Les formats recensés vont de 2 jours consécutifs à 21 heures hybrides, pour un tarif pouvant atteindre 800 euros à Nantes.

Combien de temps dure la formation complémentaire ?

La durée de référence pour la formation complémentaire liée aux 5 nouveaux actes en Belgique est de 150 heures. En France, les formats d’actualisation varient selon les organismes, avec des modules de 2 jours, des parcours de 21 heures dont 14 heures d’e-learning et 7 heures d’ateliers pratiques, ou encore des sessions à effectif limité de 12 à 16 participants.

Ces 5 nouveaux actes sont-ils valables en hôpital et en EHPAD ?

Les 5 nouveaux actes ne sont pas attachés à un seul secteur d’exercice, mais à un cadre réglementaire, à une organisation d’équipe et à des conditions de supervision. Il ressort donc qu’ils peuvent trouver application dans des environnements hospitaliers comme dans des structures médico-sociales, sous réserve du texte national applicable, du protocole interne et de la stabilité clinique des situations concernées. La logique fonctionnelle repose sur la sécurité du soin, non sur le seul statut juridique de l’établissement.

Cette lecture rejoint l’évolution des besoins de santé, marquée par le vieillissement de la population et la hausse des pathologies chroniques, qui renforcent l’intérêt d’une surveillance régulière et de gestes techniques ciblés. En France, des formations 2025 et 2026 ciblent précisément les équipes du secteur sanitaire et médico-social, ce qui confirme une diffusion transversale des compétences dans les services hospitaliers, les EHPAD et d’autres structures d’accompagnement.

La limite majeure tient à l’hétérogénéité des référentiels utilisés dans le débat public. Les cinq actes délégués belges forment une liste close, alors que les compétences françaises intégrées ou actualisées depuis 2021 incluent d’autres gestes, respiratoires, digestifs ou de surveillance. L’analyse d’un poste en hôpital ou en EHPAD doit donc toujours confronter la pratique attendue au texte de référence, à la formation réellement suivie et au mode de supervision infirmière retenu.

Les 5 nouveaux actes aide-soignant renvoient d’abord, au sens strict, à une liste réglementaire belge de 5 actes encadrés par l’arrêté royal du 27 février 2019, avec contrôle infirmier et formation complémentaire. En France, les évolutions de 2021 à 2025 relèvent d’un élargissement plus large des compétences, ce qui impose de distinguer systématiquement la base juridique applicable, la formation suivie et le niveau exact de supervision infirmière.

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