Devenir infirmière quand on est aide-soignante

Après plusieurs années auprès des patients, le projet de devenir infirmière peut répondre à une envie d’autonomie, de responsabilités et d’évolution. La réforme liée à l’arrêté du 3 juillet 2023 ouvre un parcours spécifique aux aides-soignantes expérimentées, avec une entrée possible en deuxième année d’IFSI (Institut de formation en soins infirmiers).

Ce guide présente les voies selon votre expérience et votre niveau d’études, les conditions de la formation professionnelle continue, les documents à préparer, le parcours spécifique de 3 mois et les solutions de financement. Les précisions de votre employeur et de l’IFSI restent indispensables, car les calendriers et modalités peuvent varier selon les établissements.

⚡ À SAVOIR

Une aide-soignante peut devenir infirmière en deux ans si elle remplit les conditions du parcours spécifique et réussit la sélection.


  • Expérience : trois ans à temps plein sur les cinq dernières années

  • Parcours : trois mois avant l’entrée directe en deuxième année

  • Financement : employeur, OPCO ou projet de transition professionnelle
1

Vérifier votre admissibilité

Commencez par réunir votre diplôme d’aide-soignante, vos attestations d’emploi et votre attestation AFGSU 2 (formation aux gestes et soins d’urgence). L’IFSI et l’employeur vérifient ensuite votre situation.

⏱ Quelques semaines💶 Gratuit📍 Employeur et IFSI

2

Déposer une candidature complète

Adressez une demande écrite à l’IFSI avec une lettre d’engagement co-signée par l’employeur. La voie choisie dépend notamment du baccalauréat, de l’expérience et de la sélection en formation professionnelle continue.

⏱ Selon le calendrier IFSI💶 Selon le financeur

3

Suivre les douze semaines

Le parcours spécifique alterne quatre séquences théoriques et un stage de cinq semaines. Il consolide les connaissances attendues à la fin de la première année d’IFSI.

⏱ 3 mois📍 Présentiel majoritaire

4

Entrer en deuxième année

Une attestation de réussite permet l’accès direct à la deuxième année, sous réserve de la validation du parcours. La formation se poursuit ensuite pendant vingt-quatre mois pour préparer le diplôme d’État infirmier.

⏱ 24 mois ensuite💶 Prise en charge possible

Quelles sont les voies pour devenir infirmière quand on est aide-soignante ?

Une aide-soignante dispose de plusieurs accès à la formation infirmière, mais le choix dépend principalement de son expérience et de son diplôme scolaire. Le parcours spécifique concerne les professionnelles titulaires du DEAS (diplôme d’État d’aide-soignant) qui justifient l’ancienneté demandée.

Avec au moins trois ans d’exercice à temps plein sur les cinq dernières années, la voie de la formation professionnelle continue peut permettre une sélection par l’IFSI, puis l’accès au parcours accéléré. La réforme vise ainsi à valoriser l’expérience de terrain tout en répondant aux besoins de recrutement infirmier.

La formation reste dispensée uniquement par un IFSI et conduit au même diplôme d’État. La différence porte sur l’accès et le calendrier, car le parcours spécifique remplace la première année classique au lieu de supprimer les compétences à acquérir.

Peut-on devenir infirmière sans le bac quand on est aide-soignante ?

Oui, une aide-soignante peut accéder à la formation infirmière sans baccalauréat si elle remplit les conditions du parcours spécifique. Elle doit notamment détenir le DEAS, justifier trois ans d’expérience à temps plein et satisfaire les exigences de la formation professionnelle continue.

La voie sans baccalauréat ne donne pas automatiquement une place en IFSI. La candidate doit présenter un dossier, passer la sélection prévue par l’institut et obtenir l’accord de son employeur lorsque le dispositif repose sur une prise en charge professionnelle.

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Quelle voie suivre avec moins de trois ans d’expérience ?

Avec moins de trois ans d’expérience à temps plein, l’aide-soignante ne remplit pas la condition du parcours spécifique. Elle peut toutefois candidater en formation initiale, avec une inscription sur Parcoursup si elle possède le baccalauréat ou un diplôme équivalent.

Cette voie suit le cursus ordinaire de trois ans, avec des enseignements et des stages répartis sur les trois années. Le projet mérite une préparation sérieuse, car les avis recueillis sur infirmiers.com mentionnent à la fois l’attrait pour davantage de responsabilités et la crainte d’une formation longue ou difficile.

« Aide-soignant me tente et infirmière aussi car il y a plus de responsabilités […] mais j’ai peur de pas réussir les études infirmières. »

Pour aller plus loin, comparez les attendus de chaque voie avec l’IFSI visé et votre employeur, en tenant compte de votre expérience réelle plutôt que de la seule durée annoncée.

Quelles conditions d’expérience faut-il remplir pour accéder au parcours spécifique ?

Le parcours spécifique s’adresse à une aide-soignante titulaire du DEAS qui a travaillé au moins trois ans à temps plein au cours des cinq dernières années. Les sources institutionnelles rapprochent cette durée d’un volume de 4 200 heures, mais l’IFSI reste compétent pour vérifier les justificatifs acceptés.

L’expérience peut avoir été acquise dans un établissement de santé, un Ehpad (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes), un service d’aide et d’accompagnement ou un autre contexte reconnu. Les contrats, attestations d’employeur et relevés de carrière permettent de reconstituer les périodes concernées.

Combien d’années d’expérience faut-il pour accéder à la passerelle ?

La condition de référence correspond à trois ans d’exercice à temps plein, comptabilisés sur les cinq années précédant la candidature. Une activité à temps partiel peut nécessiter un calcul en heures, car le seuil de 4 200 heures sert d’équivalence dans plusieurs présentations du dispositif.

Le terme « passerelle » décrit souvent l’accès direct à la deuxième année, mais le dispositif exige d’abord trois mois de formation spécifique et la remise d’une attestation. Il ne s’agit donc pas d’une admission automatique fondée uniquement sur l’ancienneté.

Quelles autres conditions faut-il remplir pour candidater en formation continue ?

La candidate doit se porter volontaire, être sélectionnée en formation professionnelle continue pour l’année en cours ou l’année précédente et détenir une AFGSU 2 (attestation de formation aux gestes et soins d’urgence de niveau 2) valide. Une actualisation peut intervenir si cette attestation n’est plus à jour.

Selon les informations du CGOS (Comité de gestion des œuvres sociales), la voie FPC peut aussi demander une cotisation à un régime de Sécurité sociale pendant trois ans. Cette exigence doit être confirmée auprès de l’IFSI, de l’employeur et du financeur, car les dossiers peuvent appliquer des règles administratives différentes.

Pour aller plus loin, demandez une vérification écrite de votre ancienneté, de votre AFGSU 2 et de votre situation au regard de la formation professionnelle continue avant de quitter votre poste.

Comment fonctionne l’entrée en IFSI pour une aide-soignante ?

L’entrée en IFSI repose sur une candidature organisée avec l’institut et, pour le parcours spécifique, avec l’employeur. Les aides-soignantes volontaires doivent présenter leur projet, leurs justificatifs et une lettre d’engagement co-signée, puis participer à un entretien de positionnement.

L’entretien vérifie l’adéquation entre le projet, les compétences déjà acquises et les exigences des études infirmières. L’expérience des protocoles, des gestes techniques et de la relation avec les patients constitue un atout, mais elle ne remplace pas la capacité à apprendre, analyser et travailler selon un rythme universitaire.

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Quels documents préparer pour candidater ?

Le dossier doit généralement réunir une copie du DEAS, un curriculum vitae, une lettre de motivation, les attestations d’emploi et les éléments prouvant les périodes travaillées. Ajoutez votre AFGSU 2, vos diplômes complémentaires et, lorsque l’IFSI le demande, les justificatifs de cotisation sociale.

La lettre d’engagement co-signée par l’employeur confirme le soutien au projet et précise le cadre de la formation. Les modalités varient selon l’établissement, ce qui rend utile un échange préalable avec le service des ressources humaines et le secrétariat de l’IFSI.

Quels sont les critères de sélection en formation professionnelle continue ?

La sélection FPC peut comprendre un dossier, un entretien et, selon l’organisation retenue, une épreuve orale et une épreuve écrite. Certaines sources parlent encore de concours infirmier, mais l’IFSI doit préciser le format applicable à la session concernée.

Le jury évalue notamment la motivation, la connaissance du métier infirmier, la capacité à expliquer son parcours et la disponibilité nécessaire aux études. L’infirmière exerce un rôle propre et un rôle prescrit, avec une autonomie et des responsabilités plus larges que celles de l’aide-soignante.

Pour aller plus loin, préparez des exemples précis tirés de votre pratique, sans présenter l’expérience aide-soignante comme une équivalence complète du métier infirmier.

Comment se déroule le parcours spécifique de trois mois ?

Devenir infirmière quand on est aide-soignante

Le parcours spécifique dure 12 semaines et vise à atteindre les compétences attendues en fin de première année d’IFSI. Plusieurs sources indiquent un volume de 420 heures, tandis qu’une autre mentionne 175 heures pour douze semaines ; cette différence doit être clarifiée directement avec l’institut organisateur.

La formation se déroule à temps plein, principalement en présentiel, avec une part à distance limitée. L’ARS Île-de-France indique un maximum de 10 % de distanciel, tandis qu’une présentation évoque 90 % de présentiel, ce qui confirme l’importance des cours en institut et du travail encadré.

Quelles compétences consolider avant l’entrée en deuxième année ?

Les enseignements renforcent les bases en sciences infirmières, la méthodologie de travail et l’analyse des situations de soins. La candidate apprend aussi à distinguer le champ de compétence infirmier et le champ d’activité de l’infirmière dans le système de santé.

Le stage de cinq semaines permet d’observer et d’exercer dans un nouveau cadre, avec une approche réflexive (capacité à analyser sa pratique). Il aide à transformer l’expérience acquise auprès des patients en compétences adaptées au niveau attendu en deuxième année.

Un formateur référent en institut et un tuteur infirmier chez l’employeur accompagnent la progression. Ce suivi vise notamment le changement de posture professionnelle et l’intégration progressive d’une identité d’étudiante infirmière.

Comment se passe l’accès direct en deuxième année d’IFSI ?

Devenir infirmière quand on est aide-soignante

À la fin des douze semaines, l’IFSI remet une attestation lorsque la candidate valide le parcours. Cette attestation permet l’accès en deuxième année, sans reprendre la première année classique, mais elle ne constitue pas encore le diplôme d’État infirmier.

La candidate poursuit ensuite les deuxième et troisième années, avec les cours, les évaluations et les stages prévus par le référentiel de formation. L’accompagnement se poursuit pour sécuriser l’entrée dans ce nouveau rythme et mesurer les difficultés avant qu’elles ne s’installent.

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Pour aller plus loin, demandez à l’IFSI le calendrier détaillé, le programme des séquences et les critères de validation avant de signer votre engagement.

La formation pour devenir infirmière dure-t-elle vraiment deux ans ?

La durée de deux ans concerne uniquement les aides-soignantes éligibles au parcours spécifique qui valident les trois mois préparatoires et intègrent ensuite la deuxième année. Le cursus classique reste fixé à trois ans et conduit au même diplôme d’État infirmier.

Sur le parcours ordinaire, la formation comprend environ 2 100 heures de cours et 2 100 heures de stages. Dans le parcours accéléré, les trois mois spécifiques remplacent la première année, puis les vingt-quatre mois suivants correspondent aux deuxième et troisième années d’IFSI.

La réduction d’un an ne signifie pas que les exigences disparaissent. Le parcours demande une organisation solide, un travail personnel régulier et une adaptation au vocabulaire scientifique, aux évaluations et à la responsabilité infirmière.

La différence entre les métiers mérite aussi une préparation concrète. L’infirmière peut exercer un rôle propre et un rôle prescrit, coordonner certains soins et accéder ensuite à des spécialisations comme IADE (infirmière anesthésiste), IBODE (infirmière de bloc opératoire) ou puéricultrice.

L’aide-soignante conserve une place essentielle dans la relation et les soins quotidiens, mais son niveau d’autonomie et l’étendue de ses responsabilités diffèrent. L’expérience terrain facilite la compréhension des patients et des équipes, sans remplacer les apprentissages propres au métier infirmier.

Pour aller plus loin, comparez le référentiel infirmier, les horaires de cours et les stages avec vos contraintes familiales et professionnelles avant de retenir la durée de deux ans comme seul critère.

Comment financer sa reconversion d’aide-soignante vers infirmière ?

Le parcours spécifique peut être financé par l’employeur, qui prend en charge les trois mois préparatoires puis les deux années d’IFSI selon les règles du dispositif. La prise en charge totale peut ainsi couvrir 27 mois, soit trois mois plus vingt-quatre mois.

Pendant cette période, l’aide-soignante reste généralement salariée de son employeur et devient stagiaire de la formation continue. Les OPCO (opérateurs de compétences) peuvent aussi participer au financement, selon le secteur, l’employeur et les accords applicables.

Le projet de transition professionnelle, ou PTP, peut représenter une autre piste lorsque la reconversion vise un métier en tension. Transitions Pro indique que cette caractéristique peut rendre le projet prioritaire, mais l’accord dépend du dossier, du calendrier et des crédits disponibles.

Le financement doit être vérifié avant l’inscription, car il peut couvrir les frais pédagogiques, la rémunération et certains frais annexes selon le dispositif. Demandez une réponse écrite au service des ressources humaines, à l’IFSI et à l’organisme financeur.

Pour aller plus loin, préparez un budget incluant les transports, les repas, le matériel pédagogique et une éventuelle baisse de revenus, même lorsque les frais de formation sont pris en charge.

Le point décisif reste l’éligibilité à la voie spécifique, avec un DEAS, trois ans d’expérience sur les cinq dernières années et une sélection en formation continue. Après les trois mois préparatoires, l’entrée en deuxième année permet de viser le diplôme d’État en deux ans, tandis que le financement doit se construire avec l’employeur, l’IFSI et les organismes compétents.

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